Chroniques
Jeanne Mas – La parcours d’une battante, Ludovic Lorenzi

Le grand public connaît-il vraiment Jeanne Mas ?
Une dame vêtue de noir avec un look sophistiqué et trois gros tubes dans les années 80 : En rouge et noir, Johnny Johnny et Toute première fois. C’est l’empreinte qu’elle a laissée au sein de la chanson française et dans la mémoire collective.
Et pourtant, l’histoire ne s’arrête pas là. La partie immergée de l’iceberg est plus importante. La chanteuse en est aujourd’hui à son onzième album. Son répertoire est très vaste, et son look a souvent changé. La Jeanne Mas d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier.
Après six ans de succès discographique et médiatique, de 1984 à 1990, l’artiste a suivi des chemins différents, plus discrets mais pas moins créatifs. S’essayant à tous les styles, Jeanne Mas nous a livré une œuvre très variée.
Cet ouvrage retrace de la manière la plus objective possible, son parcours professionnel des années 70 à aujourd’hui, ses réussites et ses difficultés. On découvre, au bout du compte, une artiste méconnue.
Outre la partie biographique, vous trouverez dans ce livre une discographie et une vidéographie très détaillées, ainsi qu’un large inventaire de ses dates de concerts
extrait du livre :
« Je distingue trois périodes dans ma vie : avec la jeunesse, tu aspires au succès avec toute la passion qui t’anime. Une fois que tu as le succès, tu vis la magie d’être admirée, et à ce moment-là, tu as un grand besoin d’exister. Puis, quand cette euphorie est passée, tu souhaites juste être là pour vivre de ce que tu aimes. Tu es moins centrée sur ta personne, c’est un sentiment moins égoïste ».
Ce cheminement va de pair avec l’évolution de la carrière de Jeanne Mas. Après huit ans de galère, elle connaît un succès fulgurant. Puis s’ensuit une période de remise en question, où petit à petit, elle se remet sur les rails, dans une direction qu’elle a choisie.
Mais quelle que soit la période de sa carrière, Jeanne n’a rien calculé. Elle a suivi ses envies, envers et contre tous. Elle ne s’est jamais laissée bercer par une mode ou un courant. Elle est même très souvent allée à l’encontre du vent. Dans les années 80, elle a crée un style, qui a été suivi. Par la suite, ce qu’elle a fait l’a un peu marginalisée. Mais elle est restée fidèle à sa personnalité, change
ant au gré de ses instincts. Bien évidemment, dans l’opinion générale, ce qui ne suivait pas le mouvement pouvait tout de suite être considéré comme ringard.
Ainsi, après avoir fait l’unanimité dans les années 80, Jeanne Mas s’est retrouvée classée par les médias au rang des « has been ». C’est le terme qui est dépassé. Comment peut-on qualifier ainsi une chanteuse qui continue à innover ? Les œillères font marcher droit ceux qui se laissent bercer par les préjugés.
Jeanne fait partie de ces artistes méconnus auxquels on a trop vite collé une étiquette. Celle qu’on devrait lui attribuer est celle de l’artiste complet, qui se remet en question, évolue et prend des risques…
Des risques, Jeanne en a pris, souvent, et sans parachute. Elle a, certes, constamment dérouté les médias et le public, mais elle n’est pas tombée dans la monotonie. Car, finalement, la ringardise ne vient-elle pas de là ? A toujours faire la même chose, on finit par lasser.

N’hésitons pas à comparer Jeanne Mas à Madonna. Les deux artistes ont débuté à la même période, ont fait évoluer leur style, leur musique, et ont eu l’audace d’innover, parfois à l’encontre de l’opinion générale. Toutes les deux sont des pionnières.
Et s’il fallait comparer l’artiste Jeanne à un homme, ce serait David Bowie. Comme lui, elle saute d’un style à l’autre, comme lui, elle joue la rupture et surprend son public.
La différence est que Jeanne Mas n’a pas évolué dans le même environnement que Madonna ou David Bowie. Le système anglo-saxon est moins fermé et permet d’avantage aux artistes de s’épanouir. En France, on aime le moule et les étiquettes.
Rien n’a donc été facile pour Jeanne dès lors que ses envies n’ont plus suivi le mouvement général. Mais l’artiste ne renie rien de tout ce qu’elle a pu faire. Tous ses disques, très différents, sont le fruit d’une forte personnalité.
A ses débuts, en 1984, la chanteuse n’avait pas attendu le nombre des années pour nous prouver sa valeur. Le temps écoulé n’a fait que faire fructifier son potentiel.
l’auteur
Ludovic Lorenzi s’est toujours intéressé à la vie des artistes musicaux. Cette biographie de Jeanne Mas est son cinquième ouvrage.
Editions Lorenzi Editions (site web)
biographie discographique
parution : 20 septembre 2008
172 pages, livret photos pochettes n&b
Pour commander le livre cliquez ici
Disques
Benjamin Biolay – Le disque bleu (Virgin)
Après 2 albums plus pop, Benjamin Biolay revient avec un 11ème album, « Le Disque Bleu »…

Après 2 albums plus pop (« Grand Prix » en 2020 et « Saint-Clair » en 2022), Benjamin Biolay revient avec un 11ème album, Le Disque Bleu, sorti en octobre, un projet plus ambitieux qui vient couronner ses presque 25 ans de carrière (son 1er album Rose Kennedy était sorti en 2001).
Pour cet album au long cours, 24 titres, Benjamin Biolay revient à un format qui lui est cher, celui du double album, comme au temps où les albums ne sortaient qu’en vinyles. Un format qu’il avait déjà exploré pour lui avec l’album La superbe en 2009 mais aussi pour Vanessa Paradis pour laquelle il avait conçu le double album Love songs en 2013.
Le Disque Bleu est une sorte de voyage entre la France et l’Argentine : dans le 1er disque, le plus rythmé, intitulé Résidents, on retrouve l’univers familier du chanteur. Dans le second Visiteurs, plus « exotique » comme il le dit, mais aussi plus tranquille, il explore de nouveaux univers, qui pourraient se rapprocher de ceux qu’il a pu explorer par le passé lors de ses nombreuses collaborations. Car Benjamin Biolay est certainement l’un des auteurs-compositeurs français qui a le plus travaillé avec d’autres artistes, toutes générations confondues : Keren Ann, Juliette Greco, Julien Clerc, Elodie Frégé, Isabelle Boulay, Françoise Hardy, Henri Salvador… Et la liste est encore longue… Des dizaines et des dizaines de collaborations à l’écriture, à la production ou à la réalisation qui ont fait de lui un visage incontournable de la chanson française de ces 2 dernières décennies.

Dans le Disque Bleu, Benjamin Biolay fait référence à plusieurs reprises à une autre figure incontournable de la chanson française : Serge Gainsbourg, auquel on l’a d’ailleurs souvent comparé, et qui lui aussi avait collaboré avec de nombreux autres artistes en parallèle de sa propre carrière de chanteur. Benjamin Biolay fait en effet plusieurs clins d’œil à l’album de Gainsbourg considéré comme son chef-d’œuvre : Melody Nelson. Un album qu’il considère comme celui qui a changé sa vie et auquel il voulait rendre hommage dans ce 11ème opus en solo dans lequel il se livre comme il ne l’avait jamais fait précédemment.
Une petite originalité vient conclure ce voyage que nous propose Benjamin Biolay dans ce « Disque Bleu » : comme pour un film ou un concert, le chanteur nous déroule à voix haute en toute fin d’album un générique de fin, citant les principaux collaborateurs qui l’ont accompagné sur ce projet conçu entre Paris, Sête, Bruxelles, Buenos Aires et Rio de Janeiro, et qu’il est urgent de découvrir.
Pour acheter l’album (Liens Amazon) :
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Disques
Daniel Balavoine, Sauver l’Amour (réédition en Vinyle) (Panthéon)
« Sauver l’Amour » est le 8eme album studio de Daniel Balavoine sorti en octobre 1985.Il ressort aujourd’hui en vinyle…

Sauver l’Amour est le 8eme album studio de Daniel Balavoine sorti en octobre 1985. Il s’agit aussi de son dernier album… Il ressort aujourd’hui « à l’identique » en vinyle pour marquer les 40 ans de l’album.
Le vinyle refait comme à l’époque avec son volet miroir argenté était sorti il y a 5 ans dans le coffret de l’intégrale studio vinyle.
Pour faire les musiques de cet album, Daniel avait mis 1 an. Il utilisa le Fairlight pour cet album qu’il considérait à l’époque comme un instrument de musique. A ses côtés Andy Scott et Joe Hammer pour l’aider dans sa tâche. Joe Hammer a commencé à travailler avec Daniel pour l’album Vendeurs de larmes en 1982. C’est Christian Padovan (bassiste) qui lui présenta. Joe s’était formé sur le fairlight avant que Daniel s’y mette aussi. Ils ont ainsi commencé à programmer les musiques de l’album ensemble en fonction des chansons de l’album.
“Ce qui est fantastique c’est qu’avec un tel instrument, il n’y a plus de limite. Nous ne sommes prisonniers de rien. Il n’y a même plus de problèmes d’acoustique par exemple. Si le fairlight a un côté abstrait, cela n’altère en rien la chanson, la mélodie… “ Daniel
L’album a été enregistré en Écosse aux studios Highland. (comme pour son précédent album : Pour la femme veuve qui s’éveille).
“J’ai envie, c’est certain, que plein de gens constatent que cette production est à la hauteur des grosses productions internationales du type « Tear for Fears ». Je le dis sans prétention aucune et de façon décomplexée… »
Un album comme il le disait “positif” et c’était la première fois pour lui même si plusieurs des thèmes abordés dans l’album peuvent être difficile comme la guerre pour les Enfants dans Petit homme mort au combat, la famine dans Un enfant assis attend la pluie. “Chaque texte contient une phrase d’espoir, une phrase de compréhension aussi… “

Lors de la chanson Chanson pour l’Éthiopie, Daniel n’avait pas pu participer à sa création et à son enregistrement. Mais il était présent lors du concert donné à La Courneuve le 15 octobre 1985 aux côtés de nombreux autres artistes (Jean-Jacques Goldman notamment avec lequel il partagea un duo sur « Je marche seul », Michel Berger, Renaud, Jeanne Mas… Il expliquera pour ce titre qu’il pensait justement à l’Éthiopie mais cela pouvait aussi concerner d’autres régions de l’Afrique : « C’est une chanson contre la charité. Les gosses qui meurent là-bas ne se posent pas toutes les questions qu’on croit qu’ils se posent. Ils ne se demandent pas si on va leur envoyer de l’argent ou de la bouffe. Ils savent qu’ils n’ont pas d’eau, que cela s’appelle sécheresse et par conséquent attendent une seule chose: la pluie.”
Les musiciens pour l’enregistrement de l’album : Andy Scott (ingénieur du son), Joe Hammer pour la programmation et les percussions. Il s’entoure aussi de John Woolloff (guitares et basses) dont on retient son solo guitare, et Matt Clifford (claviers) qu’Andy lui présentera. Et aussi René Morizur au Saxophone. Sans oublier les choristes avec Alice Terell et Diane Dupuis. Puis aussi dans les choeurs : Jo Paula Moore, Yves Chouard et Roger Secco. Hervé Limeretz assura les arrangements.
Les photos de la couverture et du livret sont signées Ken Browar.
Le mixage de l’album fut réalisé dans un des Studio au Palais des Congrès de Paris qui portera le nom de Daniel Balavoine par la suite…
En 1985, sortiront trois 45 tours extraits de cet album : L’Aziza avec en face B Tous les cris les S.O.S..
Le clip de ce titre a été réalisé par Olivier Chavarot et tourné entre la France (sur les jardins de la Tour Eiffel), et le Maroc, avec la comédienne Fejria Deliba.
On peut retrouver plusieurs photos du tournage dans le livre De la scène au Sahel de Franck Stromme (photographe). (son interview est disponible ici.)
Le titre recevra le prix SOS Racisme en décembre 1985.
Puis en 2nd single ce sera Sauver l’Amour (face B : Petite Angèle), et enfin Aimer est plus fort que d’être aimé (Face B : Ne parle pas de malheur) dont Daniel évoquait aussi ce titre en disant : « Je dirais qu’il s’agit d’un disque où je transmets beaucoup de sentiments d’amour. Que ce soit l’amour de la liberté, l’amour de la vie telle qu’elle est, telle qu’on la vit. Le principal était de dire que même si l’on te déteste, tu restes le plus fort. C’est plus fort d’aimer que d’être aimé. C’est plus intense.«
Tracklist de l’album
Face A
1. Un enfant assis attend la pluie
2. Aimer est plus fort que d’être aimé
3. Tous Les Cris Les SOS
4. L’Aziza
5. Le blues est blanc
6. Sauver l’amour
Face B
1. Petite Angèle
2. Petit homme mort au combat
3. Ne parle pas de malheur
Il allait jouer cet album sur scène en octobre 86 au Palais des Sports de Paris mais le destin en aura décidé autrement… Un album qui est toujours d’actualité par les thèmes qu’on peut transposer aux événements de nos jours et aussi par sa musique et ses paroles toujours aussi fortes. Il nous invite avec le « z » à « Sauvez » (sur la pochette en ouvrant le volet et le verso de l’album) à contribuer à Sauver l’Amour nous aussi…
En janvier 2026, cela fera aussi 40 ans que Daniel n’est plus là… nous laissant ses chansons qui continuent de perpétuer sa mémoire bien après sa disparition… “Les chansons restent et doivent continuer d’exister.”
De nombreux hommages sont prévus dont plusieurs concerts et tournées dont celle du spectacle ”Balavoine, ma bataille” où nous étions présents pour la première en septembre dernier.
Nous vous reparlerons très prochainement des différents hommages sur scène mais aussi télévisuels, etc…
Chronique par Angélique L. en collaboration avec le site dbalavoine.com
Les propos de Daniel Balavoine présents dans cette chronique
ont été recueillis par Didier Varrod pour le Magazine N°1 sorti en octobre 85.
Pour acheter ce vinyle
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Michel
26 avril 2014 at 0h03
Très bon article, mais COMMENT FAIRE pour se procurer ce livre ?? le lien renvoie sur un livre de Laurent VOULZY et la lien du site des Editions Lorenzi n’aide pas davantage….
comment faire ???