Chroniques
Jessy Mach « Anime Legends Reborn »
Imaginez les bandes originales des dessins animés de votre enfance revisitées en mode électro…
Imaginez les bandes originales des dessins animés de votre enfance revisitées en mode électro dans un album mêlant nostalgie des années 70 et 80 avec des sonorités actuelles.
C’est exactement ce que propose Jessy Mach, producteur et compositeur de musique électronique français, connu pour ses créations marquantes et ses remixes légendaires dont celui du générique de la série de Netflix Stranger Things. Avec l’album Anime Legends Reborn, il revisite les thèmes culte de la génération Récré A2 et Club Dorothée à travers 19 titres pour la version CD et 12 titres pour la version vinyle. Un album qui vient tout juste de sortir sur le label Télé 80.
Originaire de la région de Toulouse, Jessy Mach doit son pseudo au héros de la série iconique des années 80 Tonnerre Mécanique.
Le projet Anime Legends Reborn est né il y a quelques années. Le projet de Jessy Mach était à la base de reprendre certains thèmes du dessin animé Goldorak en version synthwave, le projet s’appelait Red Moon, il est toujours disponible sur Bandcamp en version digitale.

L’idée n’était pas forcément au départ de faire un album multi animés ou de réaliser un énième remix des génériques début ou fin des dessins animés des années 70 et 80 qu’on a tous connus… Le projet était plutôt de retravailler des extraits de la bande son qu’on entendait en background…
Le projet reçoit un accueil des plus favorables et évolue au fil de différentes rencontres déterminantes et de projets en lien avec l’animation japonaise (notamment un remix de City Hunter alias Nicky Larson réalisé pour accompagner la sortie d’une figurine chez Oniri). Le projet devient alors l’album Anime Legends Reborn.
Jessy Mach avait une ligne directrice claire et précise pour l’album : proposer une réinterprétation de ses souvenirs cathodiques d’enfance, pas une simple compilation de remixes mais une véritable création dans laquelle une unité serait donnée à tous les titres, avec parfois des passages très personnels qui sont liés au mouvement musical auquel il appartient : le Synthwave ou Retrowave.
Pour créer cette unité, Jessy Mach a passé tous les titres présents sur l’album à la moulinette de ce style Synthwave, un style musical rétrofuturiste qui a fait émerger Daft Punk ou encore Kavinsky au début des années 2000, à la fois nostalgique et moderne.
Jessy Mach définit ce projet Anime Legends Reborn comme un mélange à 60% de souvenirs et de Madeleines de Proust, et à 40% de démarches artistiques et de créations pures.
Pour la tracklist, excepté le générique de Goldorak qui a été une demande précise, il a choisi les thèmes qui l’ont bercé et même éduqué musicalement, pas forcément des génériques, mais aussi des bandes originales qui accompagnaient certaines scènes. On retrouve ainsi un mélange de créations françaises (comme les musiques de Eric Charden pour créées pour la diffusion française de Albator 78) et d’OST (Original SoundTracks) japonaises comme City Hunter (Nicky Larson).
Au programme de cet album, on retrouve également Mask, Les mondes engloutis, Les Maîtres de l’Univers, Cosmocats, X-Or, Jayce et Les Conquérants de la Lumière ou encore Ulysse 31.
Jessy Mach ne s’interdit pas un Volume 2 de ces aventures musicales rétrofuturistes, toujours avec le label Télé 80. Il est vrai que le résultat de ce premier album est plus que convaincant et que les bandes originales de cette époque ne manquent pas. Affaire à suivre donc…
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Disques
Madonna – Bedtime Stories The Untold Chapter (Warner)
Après la sortie l’été dernier de « Veronica Electronica », un album de remixes de son « Ray of light » de 1998, Madonna continue de nous raconter son histoire et dévoile « The Untold Chapter »

Après la sortie l’été dernier de Veronica Electronica, un album de remixes de son « Ray of light » de 1998, Madonna continue de nous raconter son histoire et dévoile The Untold Chapter, un EP d’inédits et de remixes de son album Bedtime Stories de 1994 (sorti le 28 novembre 2025).
Après un passage d’une dizaine d’années chez Interscope, filiale du groupe Universal Music, Madonna a fait son grand retour il y a quelques mois dans la maison qui l’a vue débuter dans les années 80 et chez qui elle est devenue une star planétaire : Warner Music.
Si un nouvel album inédit a déjà été annoncé pour fêter ce retour en 2026 (la suite de son album de 2005 « Confessions on a dancefloor »), l’idée de ce « remariage » est aussi d’exploiter le back catalogue riche et foisonnant de la reine de la pop.
Et plutôt que de sortir une énième compilation, la bonne idée de ces retrouvailles est de dévoiler des trésors cachés de la star.
Ce fut le cas avec le projet « Veronica Electonica » dévoilé le 25 juillet dernier. Ce projet devait à la base sortir dans la foulée de « Ray of light » à la fin des années 90, mais avait finalement été mis de côté devant l’immense succès mondial de l’album de 1998 et de l’exploitation de nombreux singles qui en furent issus. Puis la sortie en 2000, d’un nouveau projet « Music ». Au menu de ce « Veronica Electonica », on retrouvait des remixes mais aussi un titre inédit « Gone Gone Gone ».

C’est un peu la même recette qui est reprise pour ce « Bedtime Stories The Untold Chapter » : plusieurs remixes ou versions alternatives de titres marquants de l’album « Bedtime Stories » mais aussi plusieurs inédits, des démos plus ou moins connues dont le titre « Love won’t wait ». Ce titre écrit par Madonna et Shep Pettibone avait été enregistré par la star pour l’album puis finalement retiré de la tracklist défintive. C’est finalement Gary Barlow (du boys band Take That et qui lance à l’époque sa carrière solo) qui enregistre le titre et le sort en 1997.
La sortie de cet EP « Bedtime Stories The Untold Chapter » est aussi une belle manière de faire un focus sur cet album souvent mésestimé de Madonna et pourtant majeur dans sa carrière (et qui est d’ailleurs ressorti en vinyle ou coffret cd par la même occasion).
« Bedtime Stories » paraît en 1994, 2 ans après « Erotica » (et surtout le livre « Sex ») qui donnent à la star une image plus que sulfureuse.
L’idée avec « Bedtime Stories » est alors de « calmer le jeu » et de redonner à Madonna une image un peu plus « respectable ». Mais surtout de se focaliser à nouveau sur la musique. Car finalement avec Erotica, l’image avait prévalu sur le contenu (et pourtant Erotica est l’un des projets les plus aboutis de la reine de la pop).
Pour « Bedtime Stories », Madonna prend un virage RnB, et surtout elle s’accompagne de la crème de la crème du genre avec des producteurs tels que Dallas Austin, Dave Hall et Babyface.
Elle montre également une face un peu plus romantique (un peu oubliée depuis l’album « True Blue ») et s’aventure pour la première fois du côté de l’électro. Elle demande en effet à la chanteuse Bjork de lui composer un titre (avec Nellee Hooper). Ce sera celui qui donnera son titre (au pluriel) à l’album : « Bedtime Story ».
« Bedtime Stories » et sa petite sœur (ou son petit frère) « The untold Chapter » sont à découvrir ou à redécouvrir dans des très belles éditions vinyles et coffret cd, avant un album totalement inédit de Madonna qui devrait paraître au courant de cette année 2026.
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Disques
Benjamin Biolay – Le Disque Bleu (Virgin)

Après 2 albums plus pop (« Grand Prix » en 2020 et « Saint-Clair » en 2022), Benjamin Biolay revient avec un 11ème album, Le Disque Bleu (octobre), un projet plus ambitieux qui vient couronner ses presque 25 ans de carrière (son 1er album « Rose Kennedy » était sorti en 2001).
Pour cet album au long cours, 24 titres, Benjamin Biolay revient à un format qui lui est cher, celui du double album, comme au temps où les albums ne sortaient qu’en vinyles. Un format qu’il avait déjà exploré pour lui avec l’album La superbe en 2009 mais aussi pour Vanessa Paradis pour laquelle il avait conçu le double album Love songs en 2013.
Le Disque Bleu est une sorte de voyage entre la France et l’Argentine : dans le 1er disque, le plus rythmé, intitulé Résidents, on retrouve l’univers familier du chanteur, dans le second Visiteurs, plus « exotique » comme il le dit, mais aussi plus tranquille, il explore de nouveaux univers, qui pourraient se rapprocher de ceux qu’il a pu explorer par le passé lors de ses nombreuses collaborations. Car Benjamin Biolay est certainement l’un des auteurs-compositeurs français qui a le plus travaillé avec d’autres artistes, toutes générations confondues : Keren Ann, Juliette Greco, Julien Clerc, Elodie Frégé, Isabelle Boulay, Françoise Hardy, Henri Salvador… Et la liste est encore longue… Des dizaines et des dizaines de collaborations à l’écriture, à la production ou à la réalisation qui ont fait de lui un visage incontournable de la chanson française de ces 2 dernières décennies.
Dans le Le Disque Bleu, Benjamin Biolay fait référence à plusieurs reprises à une autre figure incontournable de la chanson française : Serge Gainsbourg, auquel on l’a d’ailleurs souvent comparé, et qui lui aussi avait collaboré avec de nombreux autres artistes en parallèle de sa propre carrière de chanteur. Benjamin Biolay fait en effet plusieurs clins d’œil à l’album de Gainsbourg considéré comme son chef-d’œuvre : Melody Nelson. Un album qu’il considère comme celui qui a changé sa vie et auquel il voulait rendre hommage dans ce 11ème opus en solo dans lequel il se livre comme il ne l’avait jamais fait précédemment.
Une petite originalité vient conclure ce voyage que nous propose Benjamin Biolay dans ce « Disque Bleu » : comme pour un film ou un concert, le chanteur nous déroule à voix haute en toute fin d’album un générique de fin, citant les principaux collaborateurs qui l’ont accompagné sur ce projet conçu entre Paris, Sête, Bruxelles, Buenos Aires et Rio de Janeiro, et qu’il est urgent de découvrir.
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